Certaines femmes traversent des périodes extrêmement difficiles sans que personne ne le sache vraiment. Elles continuent à travailler, à s’occuper de leurs enfants, à répondre aux messages et à sourire quand il le faut. De l’extérieur, elles semblent fortes. Pourtant, derrière cette apparence, certaines vivent dans la peur, la pression, l’humiliation ou l’épuisement.

Toutes les violences ne laissent pas de traces visibles. Elles peuvent être physiques, mais aussi psychologiques, verbales, sexuelles, administratives ou économiques. Contrôler l’argent, surveiller les déplacements, dévaloriser, menacer ou isoler progressivement une personne sont aussi des violences.

LE SILENCE QUI ISOLE ENCORE DAVANTAGE

Ce qui me frappe, c’est la solitude dans laquelle certaines femmes se retrouvent. Elles essaient parfois de parler à une amie, à une sœur ou à une personne de confiance. Mais tout le monde n’est pas prêt à entendre une réalité dérangeante.

Certaines personnes minimisent : « Ce sont des histoires de couple », « Il va finir par changer », « Tu dois penser aux enfants » ou « Tu es peut-être trop sensible ». D’autres s’éloignent parce qu’elles ne savent pas quoi dire ou parce que la souffrance des autres les met mal à l’aise.

Pourtant, une femme qui se confie ne demande pas toujours que l’on règle immédiatement sa vie. Elle a parfois seulement besoin d’être écoutée, crue et respectée. Elle a besoin qu’on lui rappelle que ce qu’elle subit n’est pas normal et qu’elle n’est pas seule.

Nous admirons facilement les femmes qui tiennent debout malgré tout. Mais nous leur demandons rarement ce que cette force leur coûte.

GARDER LA TÊTE HAUTE NE SIGNIFIE PAS ALLER BIEN

Garder la tête haute peut devenir une nécessité lorsque l’on doit protéger ses enfants, préserver son travail ou simplement continuer à avancer. Cela ne signifie pas que la douleur n’existe pas. Cela signifie parfois qu’il n’y a pas encore d’autre choix.

La vraie force n’est pas de supporter indéfiniment. Elle peut aussi consister à demander de l’aide, à préparer son départ en sécurité, à consulter une association, à conserver des preuves ou à reprendre progressivement le contrôle de ses décisions.

NE PAS DÉTOURNER LE REGARD

Nous ne pouvons pas forcer une femme à parler ou à partir. Mais nous pouvons éviter de la juger, respecter son rythme et maintenir le lien. Nous pouvons lui dire : « Je te crois », « Tu n’es pas responsable de ce que tu subis », « Je suis là, même si tu n’es pas encore prête » ou « Nous pouvons chercher de l’aide ensemble ».

Ces phrases paraissent simples. Pourtant, elles peuvent ouvrir une première porte dans un quotidien où toutes les issues semblent fermées.

À celles qui traversent cette épreuve, j’ai envie de dire ceci : ne confondez jamais votre situation présente avec votre avenir. Une épreuve peut durer, mais elle ne définit ni votre valeur ni toute votre vie.

La lumière ne revient pas toujours d’un seul coup. Elle commence parfois par une décision discrète, un appel, une rencontre ou une personne qui accepte enfin d’écouter. Puis vient le jour où l’on ne survit plus seulement. On recommence à choisir. On retrouve sa voix. Et l’on ouvre une nouvelle page.

Victime ou témoin : ne restez pas seule face au silence.— Leïla Ettir

BESOIN D’AIDE ?

Le 3919 écoute, informe et oriente les femmes victimes de violences ainsi que leur entourage. En cas de danger immédiat, appelez le 17 ou le 112. Si vous ne pouvez pas parler, utilisez le 114 par SMS. Vous pouvez également consulter le site officiel arretonslesviolences.gouv.fr.