Pendant longtemps, le scénario semblait écrit.
Trouver un métier. Construire sa carrière. Monter les échelons. Et essayer de tenir jusqu’à la retraite.
Aujourd’hui, une partie des actifs envisage les choses autrement.
Selon le Baromètre de la formation et de l’emploi 2025 de Centre Inffo/CSA, 18 % des actifs interrogés préparaient une reconversion professionnelle et 29 % l’envisageaient.
Presque un actif sur deux interrogé prépare ou envisage une reconversion.
Mais ce chiffre cache des histoires très différentes.
On ne change pas tous de métier pour les mêmes raisons. Certains veulent retrouver du sens. D’autres apprendre. Certains transforment une passion en métier. D’autres encore découvrent simplement que le travail qui leur correspondait hier ne leur correspond plus aujourd’hui.
OWN IT. a choisi trois parcours réels. Trois personnes. Trois univers. Trois façons de recommencer.
ÉLISE · 50 ANS
Après 30 ans de marketing, elle redevient alternante
Élise Bioche n’avait pas un CV à reconstruire. Elle avait derrière elle 30 années dans le marketing, des fonctions de direction et une carrière au sein de grands groupes internationaux. Elle a notamment travaillé sur des marques comme Oreo, Carte Noire ou Philadelphia.
Et pourtant, à 50 ans, elle décide de retourner en formation. Parce que son métier avait changé : digital, data, intelligence artificielle, automatisation, NoCode.
Élise ne voulait pas regarder ces transformations de loin. Elle intègre Rocket School puis réalise une alternance chez Spaag, spécialisé dans le growth marketing.
Elle ne parle d’ailleurs pas de déclassement. Elle parle de « repositionnement ».
Après avoir été experte, on peut accepter de redevenir élève.
Progresser professionnellement ne signifie peut-être pas toujours monter. Parfois, progresser signifie simplement savoir bouger.
Source du témoignage : France Travail →CHANGER NE VEUT PAS FORCÉMENT DIRE FUIR
C’est probablement l’un des clichés les plus tenaces autour de la reconversion. On imagine quelqu’un épuisé par son travail qui décide un matin de tout envoyer balader.
Cela existe. Mais il existe aussi autre chose : changer parce qu’on veut encore apprendre, parce qu’une passion prend de plus en plus de place, parce qu’on veut exercer un métier plus manuel, rechercher de nouvelles conditions de travail ou simplement parce qu’à 50 ans, on n’est plus exactement la personne que l’on était à 25.
Changer n’est pas toujours fuir quelque chose. Cela peut être aller chercher quelque chose.
SYLVIE · 53 ANS
Quand une passion devient enfin un métier
Sylvie Laville travaillait dans une entreprise de microtechnique. Mais elle avait une passion : les bijoux.
À 53 ans, elle décide de transformer cet intérêt en véritable projet professionnel. Elle passe par un Projet de Transition Professionnelle et prépare un CAP à Bordeaux.
Direction : la bijouterie-joaillerie. Un nouvel univers. Un nouveau savoir-faire. Et l’obligation d’accepter qu’à 53 ans, on peut encore avoir énormément de choses à apprendre.
Qui a décidé que le métier choisi à 20 ou 25 ans devait être celui de toute une vie ?Source du témoignage : Transitions Pro →
18 % des actifs interrogés préparaient une reconversion professionnelle et 29 % l’envisageaient.
Source : Centre Inffo / CSA — Baromètre de la formation et de l’emploi 2025.
GILLES
Du sport professionnel à l’industrie
Pendant environ vingt ans, Gilles Bizot évolue dans le sport professionnel et occupe des postes à responsabilité. À l’approche de la quarantaine, il décide pourtant de changer complètement d’univers.
Il est attiré par l’industrie, le métal et la soudure. Mais Gilles ne se contente pas de rêver son prochain métier : il va le tester.
Grâce à des immersions professionnelles, il découvre différents métiers : serrurier, plombier, chaudronnier… Puis il se forme pour devenir tuyauteur.
Il suit ensuite une formation complémentaire de 400 heures afin d’acquérir des compétences spécifiques au secteur nucléaire. Il est finalement recruté en CDI par Ponticelli pour travailler sur le chantier ITER.
Du sport professionnel à la tuyauterie industrielle : entre les deux, il n’y a pas eu un saut dans le vide. Il y a eu des essais, une formation, des compétences et une transition construite étape par étape.
Source du témoignage : France Travail →ON NE RECOMMENCE JAMAIS VRAIMENT À ZÉRO
C’est peut-être l’expression qu’il faudrait arrêter d’utiliser.
Élise ne repart pas de zéro. Elle arrive avec trente années de marketing. Sylvie ne repart pas de zéro. Elle arrive avec son expérience professionnelle, sa maturité et son savoir-faire. Gilles non plus : il change radicalement d’univers, mais il emporte avec lui vingt années d’expérience professionnelle.
Bien sûr, changer de métier oblige à apprendre. Parfois beaucoup. Mais une première carrière ne disparaît pas parce qu’une deuxième commence.
On ne recommence pas de zéro. On recommence d’ailleurs.
ATTENTION AU FANTASME DU « PLAQUE TOUT »
Ces trois histoires sont inspirantes. Mais elles ne prouvent pas que toutes les reconversions réussissent. Et surtout, elles ne racontent pas qu’il suffit de quitter son emploi pour trouver sa voie.
Une reconversion peut demander du temps, une formation, un financement, une baisse temporaire de revenus, des essais et parfois quelques mauvaises directions avant de trouver la bonne.
Le Baromètre Centre Inffo/CSA 2025 indique que 62 % des actifs interrogés considèrent qu’un accompagnement est nécessaire dans le cadre d’une reconversion. Cette proportion atteint 80 % parmi ceux qui préparent effectivement une reconversion.
Voilà peut-être ce que les success stories racontent moins : la décision peut prendre quelques secondes. Construire le changement prend généralement beaucoup plus longtemps.
ET SI UNE CARRIÈRE AVAIT PLUSIEURS VIES ?
À 50 ans, Élise apprend encore. À 53 ans, Sylvie apprend un nouveau métier. Après environ vingt années dans le sport professionnel, Gilles entre dans l’industrie.
Aucun de ces parcours ne signifie qu’il faut quitter son travail. Ils montrent simplement qu’une trajectoire professionnelle n’est pas nécessairement définitive.
Nous ne sommes peut-être plus obligés de pouvoir dire : « J’ai fait le même métier toute ma vie. » On peut aussi arriver au bout de sa carrière et dire : « J’ai su évoluer quand ma vie a évolué. »
ET VOUS ?
Votre parcours pourrait devenir notre prochain portrait.
Vous avez changé de métier à 35, 45, 50 ou 60 ans ? Vous êtes actuellement en pleine reconversion ? Ou il existe un métier que vous rêvez d’exercer sans avoir encore osé franchir le pas ?
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