En France, les femmes ne sont pas absentes du monde artistique. En 2024-2025, elles représentaient 66 % des étudiants de l’enseignement supérieur Culture et 72 % des étudiants en arts plastiques.

Elles sont donc majoritaires dans les formations. Mais en 2024, elles ne représentaient que 40 % des artistes exposés dans les FRAC et les centres d’art, 44 % des artistes programmés dans les expositions photographiques et 28 % des personnes réalisant des longs-métrages.

66 %des étudiants de l’enseignement supérieur Culture
40 %des artistes exposés dans les FRAC et centres d’art
17 %des dirigeants des 100 plus grandes entreprises culturelles

LE TALENT NE SUFFIT PAS

Une carrière artistique dépend aussi des réseaux, des financements, des lieux d’exposition et des personnes qui décident de ce qui mérite d’être vu. Au 1er janvier 2026, les femmes n’occupaient que 17 % des fonctions de présidence ou de direction générale des 100 plus grandes entreprises culturelles françaises.

Elles sont majoritaires dans les écoles, mais très minoritaires dans les lieux où se prennent les grandes décisions.

CRÉER, MAIS À QUEL PRIX ?

Les inégalités touchent également les rémunérations. Dans les secteurs culturels étudiés par Audiens, leur moyenne annuelle atteignait 43 458 euros pour les femmes et 50 811 euros pour les hommes en 2024. La différence est de 7 353 euros, soit environ 14 %.

RENDRE VISIBLE N’EST PAS FAIRE UNE FAVEUR

Mettre davantage de femmes artistes en lumière ne signifie pas diminuer la place des hommes. Cela signifie vérifier que nos habitudes, nos réseaux et nos critères de sélection ne nous conduisent pas toujours vers les mêmes profils.

Présenter une artiste encore peu connue, c’est donner au public la possibilité de découvrir son travail et de se faire sa propre opinion. La visibilité ne garantit pas le succès. Mais sans visibilité, la rencontre avec le public devient presque impossible.

LA PERSPECTIVE OWN IT.

Les chiffres expliquent le système. Les œuvres révèlent celles qui le traversent.

OWN IT veut ouvrir un espace aux créatrices que les circuits les plus visibles ne montrent pas encore suffisamment. Sans parler à leur place, sans les réduire à leurs difficultés et sans transformer chaque parcours féminin en récit de victime.

LE REGARD ÉDITORIAL

Les femmes n’ont pas attendu qu’on leur donne la permission de créer. Elles étudient, travaillent, produisent et construisent déjà leur univers.

Le mythe consiste à croire que les artistes les plus visibles sont forcément les seules qui méritent d’être regardées. La réalité est plus complexe : le talent ouvre une possibilité, mais les réseaux, les financements et les décisions construisent aussi une carrière.

La question n’est plus : « Où sont les femmes dans l’art ? » Elles sont là. La bonne question est : « Pourquoi faut-il encore les chercher pour pouvoir les voir ? »— Leïla Ettir

Source : Observatoire 2026 de l’égalité entre les femmes et les hommes dans la culture et la communication, ministère de la Culture, publié le 6 mars 2026.