En octobre, les villes se parent de rose.
Les entreprises communiquent en rose. Les associations marchent en rose. Les réseaux sociaux affichent le célèbre ruban.
Et c’est utile.
Mais Octobre Rose ne devrait jamais devenir uniquement une couleur que l’on affiche pendant trente et un jours.
Parce que derrière le rose, il y a quelque chose de beaucoup moins esthétique.
Il y a la peur.
La peur de prendre rendez-vous. La peur qu’on découvre quelque chose. La peur de l’examen. La peur de ne pas avoir le temps. Et parfois, tout simplement, la tendance que nous avons à nous occuper de tout le monde avant de nous occuper de nous-mêmes.
Le chiffre qui doit nous interpeller
En France, les femmes âgées de 50 à 74 ans, sans risque élevé, sont invitées tous les deux ans à réaliser une mammographie dans le cadre du programme national de dépistage organisé du cancer du sein. [2]
Pour 2024-2025, Santé publique France rapporte un taux de participation standardisé sur l’âge de 45,7 %. Environ 4,9 millions de femmes ont participé, pour une population cible estimée à 10,8 millions. Ces effectifs sont arrondis ; le taux publié est standardisé et ne correspond donc pas à une simple division des deux nombres arrondis. [1, 2]
Cela ne signifie pas nécessairement que toutes les autres femmes n’ont effectué aucun dépistage : certaines peuvent notamment avoir réalisé une mammographie en dehors du programme organisé. Santé publique France indique que l’hypothèse d’un basculement vers ce dépistage hors programme doit encore être évaluée. [1]
Mais la tendance générale reste préoccupante : la participation au programme organisé diminue depuis le milieu des années 2010. Santé publique France signale aussi des difficultés d’accès à la mammographie : la question ne se réduit donc pas à la volonté individuelle. [1]
Et si prendre soin de soi faisait aussi partie du mindset ?
On parle beaucoup de confiance en soi.
De self-worth. De limites. De reconstruction. De prendre sa place.
Mais reconnaître sa propre valeur, c’est aussi considérer que son corps mérite notre attention.
Pas seulement lorsqu’il nous fait mal. Pas seulement lorsqu’il nous arrête. Pas seulement lorsqu’un médecin nous annonce qu’il faut agir.
Prendre soin de soi, c’est parfois faire quelque chose dont on n’a absolument pas envie.
Prendre ce rendez-vous. Poser cette question. Consulter lorsque quelque chose change. Accepter de vérifier.
Parce qu’ignorer une peur ne la fait pas disparaître.
Le ruban rose ne suffit pas
Octobre Rose sensibilise au cancer du sein et à son dépistage. En octobre 2026, la Ligue contre le cancer de l’Essonne se mobilise pour rencontrer le public autour de la prévention et du dépistage, avec notamment des courses, des marches, des ateliers et des conférences. [3]
Alors oui, mettons du rose.
Marchons. Partageons. Soutenons la recherche et les associations.
Mais faisons surtout en sorte que ce ruban provoque une action réelle.
Un appel. Un rendez-vous. Une conversation avec sa mère, sa sœur, son amie, sa collègue.
Et peut-être cette phrase toute simple :
« Tu as pensé à prendre soin de toi aussi ? »
Parce qu’Octobre Rose ne devrait pas seulement nous rappeler le cancer du sein.
Il devrait nous rappeler quelque chose de beaucoup plus fondamental :
notre santé ne doit jamais être la dernière chose inscrite sur notre liste.
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Sources
- Santé publique France — Participation au programme national de dépistage organisé du cancer du sein en 2024-2025 et évolution depuis 2010, 6 juillet 2026.
- Bulletin national correspondant — contexte p. 1, méthode p. 3, effectifs et taux p. 6.
- Ligue contre le cancer, comité de l’Essonne — Octobre Rose 2026, 28 septembre 2026.
Sources consultées le 3 octobre 2026.
